Le chien ne m’avait pas reconnu…
Suis-je encore chez moi ?

Le chien ne m’avait pas reconnu…
Suis-je encore chez moi ?

De quel secours n’a-t-on pas l’usage pour échapper à la conscription ?
Je prends si peu de vacances qu’on ne peut guère me tenir rigueur de m’y préparer.
Mais au fond, je crois que je n’aime pas partager ma futilité avec d’autres oisifs, on y perçoit moins mon snobisme.

N’est-on pas rassuré de savoir qu’à chaque instant, on peut se recueillir en un lieu où il ne se passe rien ?
La perspective seule du repos cérébral induit par cette parenthèse nous garantit au moins la rémanence, sinon la permanence de l’institution.
On cherche un point d’ancrage à nos névroses entre les redondances d’un réel formaté par des gens qu’on n’admire au fond pas tellement.
Quand il est si facile de se laisser glisser sans guide, comment ne pas s’étonner qu’on s’obstine à rester accroché ?

Ce n’est pas forcément quand je n’ai rien à dire que je me sens le moins pertinent.

J’étais tout doucement lové dans mon inconfort quotidien, oublieux de l’hier et du demain, quand saumâtre, il survint.

Dans la vie telle qu’elle devrait se dérouler, nous sommes ici tous les jours.
Pourquoi ne puis-je me contenter une fois de plus de l’idée du bonheur parfait ?

Comme une trêve des confiseurs, on a passé trois jours à préparer l’orgie.
Les paysans, les artisans, les retraités, les installés, les ambitieux, les adipeux, tous ces français qu’on ne connait qu’aux élections…
C’est encore l’excès de zèle qui m’empêche de me conformer aux prescriptions.
Soucieux de préserver ce lien d’ignorance mutuelle qui nous unit précieusement dans le respect de nos anonymats, réaffirmons encore la convergence de nos objectifs.
Comme les logiciels malveillants qui s’obstinent à mettre en cause mon impertinence, comme toi aussi, lecteur que je connais, qui me connais, bravant l’interdit pour venir gonfler les chiffres pourtant bien encourageants de mes sondeurs privés, je ne sais décidément pas ce que je viens faire ici.

On est un peu les spécialistes du vrai travail ici.
Il semblait naturel qu’on se manifeste aujourd’hui.
